Foujita. Peindre dans les années folles.

Foujita. Peindre dans les années folles.

Pendant les Années Folles, soit les années 20, Foujita est aussi célèbre qu’Andy Warhol dans les années soixante. Il est la grande figure de l’Ecole de Paris. A Montparnasse, sa coupe au bol et ses petites lunettes fascinent la presse tandis que ses tableaux s’arrachent à prix d’or. Lorsqu’il meurt le 29 janvier 1968 dans le village de Villers-le-Bâcle, le samouraï de la peinture a les cheveux blancs. Son œuvre est dominée par les femmes et les chats à qui il donne la même attitude féline et le même regard dont on ne saurait dire s’il est profond ou indifférent. Est-ce que les personnages de Foujita nous épient ou suivent un rêve intérieur ? Toute sa peinture est emprunte de mystère, même ses paysages. Sans doute parce qu’il a traversé plusieurs fois le monde et connus plusieurs vies… comme les chats. L’exposition du musée Maillol retrace la période la plus importante de sa carrière, les années 1913-1931. L’artiste japonais a toujours brouillé les pistes pour mieux rapprocher l’Orient et l’Occident. Touche à tout, il dessine, peint, modèle et coud tout en prenant la pose devant les photographes quand ce n’est pas lui qui tient le Leica. Dans les années vingt, ses apparitions sur les plages de Deauville font sensation et ses déguisements dans les bals d’artistes de Montparnasse ne passent pas inaperçus. Descendant d’une grande famille, Tsugouharu Fujita (1886-1968) est très marqué par son père, général médecin militaire, personnalité charismatique et importante sous l’ère Meji, soit la période pendant laquelle le Japon se modernise. Après avoir négocié ferme avec son père, le jeune homme débarque en France en 1913. Il est déjà diplômé de l’Ecole des Beaux-arts de Tokyo où il a commencé par étudier la peinture traditionnelle japonaise pour ensuite se consacrer à l’art occidental, c’est-à-dire la peinture à l’huile. Paradoxalement, son tableau de fin d’étude déçoit son professeur japonais, un fervent adepte de l’impressionnisme, car c’est un autoportrait à la façon de Velasquez. Cette passion pour l’art ancien s’accentue à Paris où il prend une carte de copiste au Louvre : c’est là qu’il découvre la peinture religieuse (Madone, 1917) et la représentation du nu (intégral). Il va ainsi se créer une base de données dans laquelle il puise comme lorsqu’il emprunte à Van Gogh la posture du Père Tanguy pour un portrait de petit garçon. Il rendra souvent hommage à l’art occidental à contre-courant de l’avant-garde : loin du cubisme et des abstractions, Foujita est passionné par la figuration car pour un Japonais, la modernité, c’est d’arriver à retranscrire le nu académique.

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